Simple, Facile, Intuitif
L’INAMI indique notamment vouloir explorer un système accordant davantage de place aux besoins réels du patient, à la qualité des soins, à l’autonomie et à l’expertise des professionnels ainsi qu’à la collaboration entre disciplines.
Concrètement, les pratiques pilotes continuent leurs tournées, mais leur activité est enregistrée différemment. Les besoins des patients sont notamment évalués à l’aide d’instruments BelRAI et les soins sont enregistrés au moyen de codes d’intervention.
Attention toutefois : ce qui est testé actuellement n’est pas nécessairement le futur système définitif. Il s’agit précisément d’une expérimentation destinée à déterminer ce qui fonctionne — ou non — avant d’envisager une réforme.
L’intérêt de cette expérimentation est aussi son ampleur.
Le projet pilote se déroule du 1er juin 2026 au 31 mai 2028. Le KCE assurera son évaluation scientifique et collectera des données quantitatives et qualitatives.
À ce stade, il serait prématuré d’annoncer précisément ce que sera le futur modèle.
Mais la direction prise est intéressante.
Si les résultats du projet sont concluants et conduisent effectivement à une réforme, certaines dimensions aujourd’hui difficiles à valoriser pourraient prendre davantage de place : le temps consacré à la coordination, l’évaluation globale du patient, la prévention, la collaboration avec d’autres professionnels ou encore la qualité de l’organisation de la pratique.
Cela pourrait donc contribuer à faire évoluer la reconnaissance du métier au-delà de la seule succession d’actes réalisés.
Mais une telle évolution pose aussi une autre question : comment éviter qu’un système plus précis ne devienne également un système plus complexe administrativement ?
C’est dans cette logique qu’Inficyc s’inscrit : la technologie au service du travail infirmier, et non l’inverse.
Le projet pilote ne permet pas encore de savoir précisément comment les soins infirmiers à domicile seront financés demain. Mais il révèle déjà quelque chose d’important : les pouvoirs publics reconnaissent que la réalité du métier a changé et que le modèle doit être réexaminé.
Car derrière la question du financement se trouve finalement une question beaucoup plus large : comment construire un modèle de soins à domicile qui reconnaisse réellement tout le travail réalisé auprès du patient ?