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VIH en Belgique : traitements injectables, une nouvelle ère dans la prise en charge — ce que les infirmier·es à domicile doivent savoir

Depuis quelques années, une évolution discrète mais significative est en cours dans la prise en charge du VIH : l’arrivée des traitements antirétroviraux injectables à longue durée d’action. En Belgique, ces options thérapeutiques sont désormais disponibles dans certains centres spécialisés et concernent une partie des patients vivant avec le VIH dont la situation est stable.

Alors que les injections sont majoritairement administrées en milieu spécialisé, ce changement a des impacts concrets sur l’organisation des soins et le suivi des patients. Pour les infirmier·es à domicile, comprendre cette nouvelle approche est essentiel pour adapter l’accompagnement et renforcer la coordination du parcours de soins.

🧬 Une avancée thérapeutique récente mais encore peu connue

Fin 2020, l’Union européenne a autorisé la première bithérapie injectable contre le VIH : une combinaison de cabotegravir (Vocabria®) et de rilpivirine (Rekambys®), administrée par voie intramusculaire tous les deux mois.

Ce traitement s’adresse à des personnes vivant avec le VIH qui :

  • sont déjà sous traitement antirétroviral stable,
  • ont une charge virale indétectable,
  • et répondent à des critères cliniques précis.
Le principal objectif ? Alléger la charge mentale et organisationnelle liée à la prise quotidienne de comprimés, tout en maintenant l’efficacité thérapeutique.
Ce traitement vise à :

  • Réduire la charge mentale liée à la prise quotidienne de médicaments,
  • Limiter la stigmatisation visible,
  • Améliorer la qualité de vie de certains patients.

💉 Administration : en centre spécialisé avant tout

En Belgique, comme dans la majorité des pays européens, la mise en place et la gestion des injections sont encadrées par des centres de référence VIH (souvent en milieu hospitalier).
Ce cadre permet :

  • une évaluation initiale approfondie (éligibilité, antécédents thérapeutiques, tolérance),
  • un suivi clinique renforcé,
  • une sécurité optimale.

À ce jour, les injections ne sont pas administrées en routine à domicile. Leur délégation à des infirmier·es à domicile reste exceptionnelle et dépend d’une prescription médicale explicite et d’un protocole clair.

📌 Et pour les infirmier·es à domicile ?

Même si l’acte d’injection reste dans la sphère hospitalière, les infirmier·es à domicile jouent un rôle fondamental dans le quotidien des patients concernés :

  1. Soutien à l’organisation
    • Rappeler les rendez-vous d’injection (intervalle strict tous les 2 mois, avec une fenêtre ± 7 jours)
    • Vérifier que le patient respecte bien le calendrier fixé par son centre
    • S’assurer que le patient comprend l’importance de la régularité
  2. Éducation thérapeutique
    • Expliquer les enjeux de ce type de traitement (avantages, contraintes, vigilance à avoir)
    • Discuter des effets secondaires potentiels (réactions locales, douleurs)
    • Identifier d’éventuelles incompréhensions ou inquiétudes à relayer au médecin référent
  3. Relais d’information
    • Signaler tout retard ou événement clinique aux équipes spécialisées
    • Faciliter la communication entre les structures hospitalières et le domicile
    • Aider le patient à naviguer dans le parcours de soins

📊 Le VIH en Belgique en 2026 : où en est-on ?

  • Environ 20 000 personnes vivent avec le VIH dans le pays
  • Plus de 95 % des patients suivis atteignent une charge virale indétectable grâce au traitement
  • En 2023, 665 nouvelles infections ont été diagnostiquées (source : :contentReference[oaicite:0]{index=0})

Cette maîtrise globale permet aujourd’hui de penser qualité de vie et confort thérapeutique, au-delà de la seule efficacité virologique.

Pourquoi c’est pertinent pour vous

Même si vous ne réalisez pas les injections vous-même, vous accompagnez peut-être — ou accompagnerez bientôt — des patients qui bénéficient de ce traitement. Comprendre le fonctionnement, les enjeux et les attentes liées à cette approche vous permet de :

  • mieux adapter votre posture de soin
  • anticiper les questions des patients
  • participer activement à un suivi sécurisé

À retenir

  • ✔️ Les traitements injectables du VIH sont disponibles depuis fin 2020 en Europe.
  • ✔️ Ils sont destinés à des patients stables et sont administrés en centre spécialisé.
  • ✔️ Les infirmier·es à domicile n’administrent pas ces injections en routine, mais jouent un rôle clé dans le suivi, l’information et la coordination.
  • ✔️ Une bonne communication entre les acteurs hospitaliers et les soins de première ligne est essentielle à la réussite du parcours.

En conclusion

L’évolution vers des traitements injectables marque un tournant dans la prise en charge du VIH, avec moins de contraintes quotidiennes pour certains patients, mais de nouveaux besoins en organisation et coordination.

Dans ce contexte, les infirmier·es à domicile continuent d’être au cœur de la relation de soin, non seulement pour les actes techniques, mais surtout pour leur capacité à accompagner, informer et relier les patients au reste du système de santé.